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HOTEL PROBLEMSKI de Dimitri Verhulst... Suite

 
Les mots de l’auteur
« Ce livre n'aurait très probablement jamais vu le jour si je n'avais été invité par la revue Deus Ex Machina à écrire un article sur les
demandeurs d'asile. Pour me plonger dans le sujet, j'ai séjourné quelques jours dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile à
Arendonk et, sans cette immersion, je n'aurais jamais voulu, pu ni su entamer ce livre. C'était en décembre 2001, il faisait très froid.
L’attaque sur les tours du WTC continuait à faire la Une, tous les articles exprimaient l'angoisse que l’ordre du monde soit pris en otage
et, partout, les musulmans craignaient de devoir payer la facture. Durant mon séjour, une vingtaine de personnes ont péri en mer, parmi
les conteneurs, et beaucoup attendaient sur les quais pour aller grossir ce nombre. À peu près sept mois plus tard, alors que le premier
jet du manuscrit était terminé, aucun des nombreux demandeurs d'asile qui ont servi de modèles pour Hôtel Problemski n'avait reçu un
avis positif. Certains étaient retournés volontairement dans leur pays, d'autres furent expulsés par la force, d'autres avaient disparu ou
vivaient dans la clandestinité. La plupart y étaient encore, attendant une audition, une lettre. Pour éviter les malentendus je me vois obligé
de préciser que la moitié à peu près des récits sont inventés, et qu'aucun des récits ne contient un mensonge. Pour terminer, je veux
exprimer ma reconnaissance et mon admiration pour le personnel dans son ensemble du centre d'accueil pour demandeurs d'asile Le
Totem d'Arendonk, remercier le Vlaams Fonds voor de Letteren qui a soutenu ce projet, et je dédie ce livre à tous les Maqsood qui ont vu
depuis leur demande refusée, et aux centaines de milliers qui partagent son sort. » Dimitri Verhulst
 
La mise en scène

La lecture d’Hôtel Problemski a été pour moi un choc. Son ton en est aussi bien familier que direct, violent et tendre à la fois.
Ce texte est écrit de façon tranchante et bienveillante. L’humour, le cynisme, l’attachement et le trouble se côtoient. Le politique, l’intime
et la poésie y sont mêlés. Ce texte nous est adressé, ce qui le rend adaptable de façon évidente au théâtre.

L’auteur regarde la femme avec empathie, il arrive à décrire la position féminine en survie de façon juste, terrible et avec beaucoup
d’admiration. Sur scène, il y aura un personnage : une femme, qui se trouve être aussi le metteur en scène du spectacle.
Elle sera accompagnée par une joueuse de guitare électrique. La comédienne rendra compte de sa lecture avec sa personnalité.
Qu’une femme puisse dire ces mots permet un décalage à la violence des faits et renforce le côté féminin et féministe de l’auteur, il le
met en lumière.

Dans Hôtel Problemski, le parti pris de « chapitres » de Dimitri Verhulst nous met dans une modernité et un hachage parallèlement à la
situation des demandeurs d’asile. Chaque passage est comme une photographie et, paradoxalement, l’écriture nous crée de l’histoire
et du lien. La mise en scène gardera ce traitement en tableaux. Le passage de noir à lumière permettra à la comédienne de passer de
l’outrancier à l’identification en passant par un travail distancié.

La lumière fera partie intégrante de la scénographie du spectacle. Elle indiquera, sculptera, soulignera, surlignera ou effacera les
différents espaces. Le personnage féminin passera d’espace-temps en espace sur une même scène.

Extraits

« L'excision des parties génitales c'est la culture. Ne pas exciser les parties génitales c'est la civilisation. L'homme est un mammifère
friand de culture.
»

« Il gèle, il givre, et les Africains n'ont pas comme les Tchétchènes le plaisir d'avoir été conçus par l'un ou l'autre dieu avec de l'antigel
dans le sang. Le petit peuple du Caucase se promène même aujourd'hui en manches courtes. Un peu de provocation. Un peu de
rigolade aux dépens de Nicki le nègre. Mais attends voir que leur dossier traîne jusqu'à l'été prochain quand ici, à l'ombre, ce sera un
four à pizza ... On verra s'ils seront encore en état de montrer les dents lorsque les Noirs enfileront leurs gros pulls pour les tourmenter,
lorsque les Noirs salueront crânement ces ours déshydratés par un : Pour moi, tout est dobre...
ça va de nouveau kick-boxer. hombre!
»