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NOIR OU BLANC de Grimm et anonymes... suite
       
L'histoire

Les spectateurs sont accueillis dans un lieu blanc. Un homme dort. Une petite musique se fait entendre, une bouche surgit …
c’est le début du rêve.

1) Le lieu blanc :
L’homme vêtu de blanc se réveille. Il entreprend le récit du début de L’Ondine de l’étang. Il l’interrompt et fait vivre Le Petit Chaperon
Rouge de Grimm. Au moment de la rencontre entre le loup et Le Petit Chaperon rouge, ce dernier - pour gagner du temps - raconte
au loup l’histoire des Trois Souhaits. Le loup s’impatiente. Le récit du Petit Chaperon Rouge reprend. A la fin de l’histoire, quand le
chasseur vient sauver le Petit Chaperon rouge, le comédien suspend son conte et rattrape au vol l’histoire de l’Ondine de l’étang.
L’homme s’endort lorsque les amoureux se retrouvent séparés mais l’Ondine de l’étang n’a pas encore trouvé sa fin…

- La scène se retourne et fait apparaître le lieu noir -

2) Le lieu noir :
Cette fois-ci, un lit est à même le sol. Une femme habillée de noir dort sous son drap blanc. L’orage la réveille et, pour éteindre ses
petites voix intérieures qui lui parlent du Chaperon rouge de Grimm, elle se met à lire frénétiquement son propre Petit Chaperon rouge :
La Grand-mère loup, conte chinois ; différent de celui de Grimm mais familier en même temps. Elle l’affirme et le suspend. La Femme
s’aperçoit de la présence du spectateur, en joue. Elle se met à raconter La mort marraine, distribue pendant son jeu un grain de raisin
sec, puis suspend son conte pour entrer dans la version arabe des Trois souhaits : Le Zebb. Elle referme son jeu en finissant à son tour
presque toutes les histoires. Deux incursions de l’homme rêvé à la recherche du chevreuil de L’Ondine de l’Etang et de la suite de cette
histoire surgissent dans l’espace de la femme : une fois sur la scène – confirmant que cet homme est rêvé - et une autre fois du côté du
public. Cette fois, les deux rêveurs se voient et deviennent réels l’un pour l’autre.

3) Le lieu nu :
Ce regard qu’ils ont eu l’un pour l’autre déclenche le noir, le tournoiement de la scène - faisant apparaître un lieu nu. La femme est à la
recherche de cet homme qui a disparu à nouveau. Elle se retrouve dans un lieu vierge où tout peut-être écrit : à la recherche de l’homme,
elle prend la suite du conte de l’Ondine à son compte. Elle prend les mots aux mots, les joue tel un clown dans une dépense sans
« compter », avec une générosité folle et un amour immodéré des mots. L’homme, dans ce même état d’esprit, fera son apparition dans
ce no man‘s land. Ils partiront à la reconnaissance l’un de l’autre dans un jeu délirant-burlesque - parallèlement aux deux protagonistes
du conte qui se sont égarés - et porteront ainsi la fin du texte de l’Ondine et la rencontre amoureuse.

 
       
Note d'intention / La mise en scène  
Chacun d’entre nous a près de lui un conte privilégié, hérité ou rencontré. Ce conte nous accompagne comme une étrangeté amusante
ou nous éclaire par intermittence et de façon différente suivant les étapes de notre vie. Le fait d’avoir une enfant m’a replongée dans les
contes de mon enfance et le désir d’en faire un spectacle est devenu une évidence, un spectacle où les gens de tous âges pourraient
se retrouver. Le travail théâtral que je poursuis autour de l’inconscient a trouvé un lien direct avec ces contes. Ici, c’est l’acteur qui se
couche dans son lit devant le spectateur. Il raconte son conte fondateur, s’en amuse, théâtralise son propos sur la mort, la naissance,
l’amour… le suspend…
Martine Fontanille

Noir ou Blanc est un travail sur l’oralité et le théâtre, en partant du conte comme parole de nos origines, aussi bien collectives
qu’individuelles. La matière conte nous emmène dans un trajet de l’âme : une voie pour parler de notre humanité, de sa face cachée
et de sa transmission.

Je propose un spectacle à tiroirs, un voyage ludique à deux entrées : le blanc et le noir. Je me suis inspirée de la forme des Mille et
Une Nuits
où le récit-cadre de Shaharazade introduit le livre et le referme ; la narration s’ouvre sur des contes qui à leur tour ouvrent
d’autres contes… Cette mise en abyme nous perd mais nous retrouvons le fil des contes suspendus au moment le plus opportun :
de la perte et de la maîtrise, juste ce qu’il faut pour faire se côtoyer conscient et inconscient. Sur le même principe, le récit cadre de
Noir ou Blanc est l’Ondine de l’étang. L’Ondine de l’étang, conte de Grimm frôlant le fantastique, nous parle de la rencontre amoureuse
et de la reconnaissance de l’autre.

Noir ou Blanc est un voyage à travers des contes initiatiques de Grimm (Le Petit Chaperon rouge, La Mort marraine…) et d’auteurs
anonymes (La Grand-Mère loup, Le Zebb), certains très connus, d’autres moins. Il s’agit d’inviter le spectateur à une déambulation
intérieure sur ces contes et leurs variantes provenant de différentes cultures, ces versions s’éclairant les unes les autres.
Une traversée dans le visible et l’invisible, le drôle et l’inquiétant.

Ce travail sur le conte est joué par deux comédiens, un homme et une femme. Ils ont à ce titre un engagement d’acteur et non de
conteur. Dans la forme, et parallèlement à la déambulation intérieure du spectateur, nous glisserons du conte vers la représentation
théâtrale. Les personnages (l’homme et la femme), après avoir exploré leurs contes respectifs, après s’en être amusés, après avoir
rêvé d’un amour idéal, se rencontrent pour terminer l’histoire de L’Ondine de l’étang. Va surgir un duo délirant et burlesque
accompagnant la fin de L’Ondine de l’étang.